Défense

Quels industriels bénéficieront des 413 Md€ de la LPM 2024-2030 ?

La France prévoit de consacrer un budget inédit de 413 Md€ pour ses armées sur la période 2024-2030. L’Usine Nouvelle passe en revue les industriels susceptibles de bénéficier le plus des programmes de modernisation et des commandes pour les armées françaises. D’abord la modernisation de la dissuasion nucléaire consistera à la mise en service des SNLE de 3ème génération pour la composante océanique, avec Thales comme fournisseur de radar, ainsi que TechnicAtome pour la partie liée à la propulsion nucléaire, et du missile air-sol moyenne portée amélioré rénové (ASMP-R) du Rafale pour la composante aérienne. La préparation de son successeur le missile air-sol nucléaire de quatrième génération ASN4G est déjà engagée. Le parc d’hélicoptères sera également rajeuni avec des appareils Tigre, NH90 et HIL (hélicoptère interarmées léger) qui seront fournis par Airbus Helicopters. Le passage au tout Rafale bénéficiera à Dassault Aviation et ses grands partenaires (Safran pour la motorisation, Thales pour l’électronique) et à sa chaîne de 500 sous-traitants. Le groupe Airbus bénéficiera quant à lui des commandes d’avions de transport A400M, avec comme cible une flotte d’une trentaine d’appareils d’ici à 2030. En ce qui concerne les fabricants de satellites, Thales Alenia Space et Airbus Defence & Space seront en compétition directe pour fournir la prochaine constellation de satellites de télécommunications sécurisées qui doit remplacer le 4ème exemplaire des satellites Syracuse. Dans le domaine de l’observation et de la surveillance de l’Espace, où les armées veulent renforcer leurs capacités, Safran, ArianeGroup, Thales et le centre de recherche aérospatial de l’ONERA, disposent également de solutions en compétition. Par ailleurs, la PME toulousaine Hemeria développe un satellite patrouilleur-guetteur pour les armées. Au total, 6 Md€ seront consacrés aux activités militaires spatiales entre 2024-2030. Dans l’optique de renouvellement des stocks de munition, le missilier MBDA, le fabricant de munitions de moyens et gros calibres Nexter, ainsi que le spécialiste des explosifs Eurenco, pourront compter sur les 16 Md€ engagés par la LPM. Enfin, 5 Md€ seront consacrés aux drones sur la période 2024-2030. Des groupes comme Thales, Safran, MBDA, Airbus mais aussi de plus petits acteurs comme Novadem, Parrot sur le segment des drones aériens, mais également de Naval Group, Exail Technologies et Nexter dans les domaines navals et terrestres, peuvent espérer se positionner sur ces créneaux. Sur l’ensemble de ces programmes, les négociations entre le ministère des Armées et les industriels de l’armement ont déjà démarré, le gouvernement souhaite que la LPM soit adoptée avant le 14 juillet.