Industrie

Les sous-traitants se préparent à la hausse des cadences de production

La chaîne d’approvisionnement du secteur aéronautique, dopé par la reprise du trafic aérien en 2021 et 2022, respire de nouveau, emmenée par le rythme d’Airbus, moteur de l’économie de la région d’Occitanie (770 entreprises et 75 000 salariés, intérim compris). Début mai, l’avionneur européen a annoncé augmenter les cadences de production de l’A320, passant de 65 appareils par mois fin 2024 à 75 par mois en 2026. « Cette annonce est un bon signal », se félicite Christian Cornille, président de Mecachrome, fabricant de pièces de structures et de moteurs d’avion. Cette reprise de l’activité est en revanche contrariée par le manque de disponibilité de certains alliages d’aluminium ou d’aciers Inox. En conséquence, la ligne de fabrication des cônes avant des moteurs d’avion de l’usine du groupe implantée à Aubigny-sur-Nère, dans le Cher, s’est mise à l’arrêt 15 jours, en février. « Notre client, Safran, a dû utiliser ses stocks », note Christian Cornille. D’autres difficultés financières pèsent sur la trésorerie des entreprises comme l’envolée des prix des matières premières et la hausse des coûts de l’énergie, qui surviennent au moment où la sous-traitance doit rembourser des prêts garantis par l’Etat. Cette conjonction de facteurs fragilise toute la chaîne de fabrication, occasionnant un décalage des calendriers de production et des livraisons de pièces. Contrairement aux entreprises familiales, Mecachrome bénéficie de l’aide financière de ses actionnaires : le fonds aéronautique Tikehau Ace Capital et Bpifrance. De plus, les clients du sous-traitant ont consenti à des avances de paiement sur des factures à venir. Pour soutenir les cadences de production, le secteur doit arriver à grossir ses rangs : il est à la recherche de 4 000 à 5 000 personnes en Occitanie en 2023. C’est un défi supplémentaire pour les entreprises du secteur, à la recherche des mêmes profils, d’arriver à embaucher pour relancer les cadences.